La méditation de pleine conscience chez l’enfant et l’adolescent
Observer sans juger
La pleine conscience consiste à porter volontairement son attention sur l’instant présent, avec curiosité et sans jugement.
Chez l’enfant comme chez l’adolescent, cette pratique permet progressivement de mieux reconnaître :
les sensations du corps ;
les émotions ;
les pensées ;
les réactions automatiques.
L’objectif n’est pas de supprimer les émotions difficiles mais d’apprendre à les observer avec davantage de recul.
La pleine conscience aide l’enfant à observer ce qu’il vit avec davantage d’attention et de sérénité.
Pourquoi la pleine conscience peut-elle aider ?
Face au stress, à la colère, à l’anxiété ou à la frustration, les enfants réagissent souvent très rapidement.
La pleine conscience leur apprend peu à peu à :
ralentir ;
identifier ce qu’ils ressentent ;
reconnaître les signaux du corps ;
prendre conscience de leurs émotions ;
développer leur capacité d’attention.
Cette prise de conscience constitue souvent la première étape vers une meilleure régulation émotionnelle.
Une pratique soutenue par les neurosciences
Depuis plusieurs années, de nombreuses recherches s’intéressent aux effets de la pleine conscience sur le cerveau.
Les travaux cités notamment par Rick Hanson dans son ouvrage Le cerveau de Bouddha mettent en évidence la capacité du cerveau à se modifier tout au long de la vie.
Cette faculté, appelée neuroplasticité, permet de renforcer progressivement certaines compétences :
- l’attention ;
- la concentration ;
- la régulation émotionnelle ;
- la capacité à prendre du recul face au stress.
Pleine conscience et gestion des colères
Dans son ouvrage Crises de colère chez l’enfant et l’adolescent, Nathalie Franc souligne que les exercices de pleine conscience peuvent aider les jeunes à :
- repérer les signes annonciateurs d’une montée émotionnelle ;
- reconnaître ce qu’ils ressentent ;
- accueillir leurs émotions plutôt que lutter contre elles ;
- retrouver davantage de calme.
L’émotion n’est pas considérée comme un problème à supprimer mais comme une information à comprendre.
Quelle différence avec la sophrologie ? La pleine conscience et la sophrologie ne poursuivent pas exactement le même objectif.
La sophrologie et la pleine conscience partagent plusieurs points communs :
- l’attention portée au corps ;
- l’observation des sensations ;
- le développement de la présence à soi.
La sophrologie intègre en plus :
- la respiration ;
- la relaxation dynamique ;
- la visualisation ;
- le développement des ressources personnelles.
Les deux approches peuvent être complémentaires selon les besoins de l’enfant.
La pleine conscience
L’objectif principal est :
observer ce qui est présent ici et maintenant, sans chercher à le modifier.
On apprend à porter son attention sur :
- sa respiration,
- les sensations du corps,
- les pensées,
- les émotions,
avec une attitude d’accueil et de curiosité.
On ne cherche pas à supprimer la colère.
On ne cherche pas à produire du calme.
On observe :
“Je suis en colère.”
“Mon cœur bat vite.”
“Je sens une tension dans mon ventre.”
L’idée est que cette observation modifie progressivement notre relation à l’émotion.
La sophrologie
La sophrologie comporte également cette dimension d’observation.
Mais elle va plus loin.
Son objectif est souvent :
développer ou renforcer certaines ressources.
Par exemple :
- retrouver du calme ;
- renforcer la confiance en soi ;
- préparer un examen ;
- mieux dormir ;
- développer sa capacité à faire face à une situation.
La sophrologie utilise pour cela :
- la respiration ;
- le mouvement ;
- la détente musculaire ;
- la visualisation ;
- la mobilisation des souvenirs positifs ;
- la projection dans l’avenir.
Autrement dit :
La pleine conscience observe l’expérience.
La sophrologie observe l’expérience et agit volontairement sur certaines ressources.
Une image simple: Imaginons un enfant très anxieux avant une évaluation scolaire.
En pleine conscience:
On pourrait lui proposer :
Observe ton souffle.
Observe les sensations dans ton corps.
Observe ton inquiétude.
Accueille-la sans chercher à la faire disparaître.
En sophrologie:
On pourrait lui proposer :
Respirer.
Relâcher certaines tensions.
Retrouver le souvenir d’une réussite passée.
Se projeter sereinement dans l’évaluation.
Mobiliser sa confiance.
Une autre façon de le dire:
La pleine conscience pourrait être résumée par :
Voir clairement ce qui est là.
La sophrologie pourrait être résumée par :
Voir clairement ce qui est là et mobiliser ses ressources pour avancer.
Une découverte adaptée à l’âge de l’enfant
Chez les plus jeunes, la pleine conscience se pratique généralement sous forme :
- d’exercices d’attention ;
- d’observation sensorielle ;
- de respiration ;
- de jeux de concentration ;
- de moments de calme adaptés à leur âge.
L’objectif reste toujours le même : aider l’enfant à mieux comprendre ce qui se passe en lui pour grandir avec davantage de sérénité.